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L'état des lieux d'un véhicule en convoyage : comment le réaliser ?

laura kaczka · 16 septembre 2026

Convoyeur photographiant la carrosserie d'une voiture lors de l'état des lieux

Dix minutes au départ, dix minutes à l'arrivée. C'est le seul moment d'une mission de convoyage où tout peut basculer. Un constat bien fait rend une rayure incontestable. Un constat bâclé la rend inexplicable, et la facture arrive.

Voici la procédure complète, les zones que l'on oublie et ce qui donne réellement de la valeur à vos photos.

Ce qu'il faut retenir

  • L'état des lieux se fait deux fois, au départ et à l'arrivée, avec exactement le même relevé. C'est leur comparaison qui fait foi, pas une photo isolée.

  • Quatre dimensions sont couvertes à chaque fois : la carrosserie, l'intérieur, les compteurs et les documents de bord.

  • Trois conditions donnent de la valeur à vos photos : l'horodatage, la netteté, et le fait qu'elles soient connues et acceptées des deux parties.

  • Ne signez jamais seul. En l'absence du client, un signataire désigné doit valider le constat.

  • Comptez dix minutes minimum, plus dix à trente minutes si vous devez présenter le véhicule au client à la livraison.

Sommaire

  1. À quoi sert vraiment l'état des lieux

  2. Les deux constats, départ et arrivée

  3. La checklist au départ

  4. La checklist à l'arrivée

  5. Ce qui donne de la valeur à vos photos

  6. Les zones que tout le monde oublie

  7. Les cas de terrain

  8. Combien de temps prévoir

  9. Papier ou application

  10. Ce que ça change en cas de litige

À quoi sert vraiment l'état des lieux

L'état des lieux n'est pas une formalité administrative. C'est le mécanisme qui rend tout le reste du convoyage vérifiable.

Il protège trois personnes à la fois, et c'est ce qui explique son importance. Le client, qui sait dans quel état sa voiture est partie. Le convoyeur, qui ne peut pas se voir imputer un dommage préexistant. La plateforme, qui dispose d'un dossier objectif si l'assurance doit intervenir.

Sa fonction est simple : établir sans discussion possible si un dommage est survenu pendant la mission, ou s'il était déjà là. Tant que les deux constats existent et sont exploitables, la question du responsable se règle en quelques minutes. Sans eux, elle se règle mal, longtemps, et souvent au détriment du convoyeur.

C'est pour cette raison qu'un convoyeur expérimenté ne réduit jamais cette étape, même sous la pression d'un client pressé ou d'un agent de parc qui attend. Les dix minutes gagnées sur place se paient parfois en plusieurs semaines de travail.

Le déroulement complet d'une mission, dont cette étape est le pivot, est décrit dans notre article sur le fonctionnement d'un convoyage de voiture.

Les deux constats, départ et arrivée

Le principe tient en une phrase : le même relevé, réalisé deux fois, dans les mêmes conditions.

Le constat de départ établit l'état initial. Il se fait avant que la voiture ne bouge, sur le lieu de prise en charge, en présence du client ou de la personne qu'il a désignée.

Le constat d'arrivée établit l'état final. Il se fait à destination, avant la remise des clés, avec le même niveau de détail et sous les mêmes angles.

Cette symétrie n'est pas un détail de forme. Une photo d'arrivée prise sous un angle différent de celle du départ ne se compare pas, et perd donc l'essentiel de son intérêt. Reprenez les mêmes points de vue, dans le même ordre.

Cette procédure ne varie pas avec la distance. Un transfert de 60 km entre deux concessions suit exactement le même protocole qu'un convoyage de 800 km.

La checklist au départ

Quatre blocs, dans cet ordre. Le respecter évite les oublis.

L'extérieur

Faites deux tours du véhicule plutôt qu'un seul, comme le recommandent les guides métier du secteur. Le premier tour pour les vues d'ensemble, le second pour les défauts.

Les six vues d'ensemble : avant, avant droit, arrière droit, arrière, arrière gauche, avant gauche
Un gros plan sur chaque rayure, éclat, bosse ou trace déjà présents
Le pare-brise et les vitres, en cherchant les impacts
Les quatre jantes et les pneumatiques
Le pavillon, souvent hors du champ des photos classiques
Les bas de caisse et le dessous des portières

Si une photo est floue, refaites-la sur place. Une photo floue ne prouve rien, et personne ne pourra la refaire plus tard.

L'intérieur

Les sièges avant et arrière, sellerie comprise
Le tableau de bord et la console centrale
Le coffre, vide autant que possible
Les tapis de sol
Tout équipement présent : chargeur, câbles, triangle, gilet, roue de secours ou kit anti-crevaison

Les compteurs

C'est le point le plus vérifié par les clients, et le plus souvent mal photographié. Mettez le contact et installez-vous dans le véhicule pour la prise de vue. Le kilométrage et le niveau de carburant doivent être lisibles sur la même image ou sur deux images nettes.

Les documents et les clés

Le certificat d'immatriculation, la carte grise
L'attestation d'assurance en cours de validité
Le contrôle technique si le véhicule y est soumis
Le nombre de clés remises, et le badge de télépéage s'il reste à bord

Signalez immédiatement toute anomalie constatée au signataire : un pneu sous-gonflé, un voyant allumé, un niveau de carburant insuffisant pour rejoindre la première station. Ce qui est signalé au départ n'est jamais un problème. Ce qui est découvert à l'arrivée en devient toujours un.

La checklist à l'arrivée

Le même relevé, dans le même ordre, avec deux ajouts.

Reprenez les six vues d'ensemble sous les angles identiques à ceux du départ. Refaites les gros plans sur les défauts déjà relevés, pour montrer qu'ils n'ont pas évolué. Relevez le nouveau kilométrage et le niveau de carburant. Photographiez à nouveau l'intérieur et le coffre.

Les deux ajouts propres à l'arrivée : la remise effective des clés et des documents, et la signature du constat par la personne qui réceptionne.

Si vous constatez un nouveau dommage, ne le passez pas sous silence en espérant qu'il ne soit pas vu. Documentez-le, signalez-le au support avant la remise des clés et mentionnez-le dans le constat. Un dommage déclaré se traite. Un dommage caché se transforme en litige.

Ce qui donne de la valeur à vos photos

Toutes les photos ne se valent pas. Les référentiels publics sur l'état des lieux de véhicules, notamment la checklist publiée par l'Agence nationale de la cohésion des territoires, retiennent quatre critères de valeur probante. Ils sont directement transposables au convoyage.

  • L'horodatage. La date et l'heure doivent être enregistrées, idéalement automatiquement par l'appareil ou l'application. Une photo sans date se rattache difficilement à un moment précis.

  • La netteté. Véhicule propre et sec autant que possible, bonne lumière, image lisible. La lumière du jour révèle les rayures fines que l'éclairage artificiel masque.

  • Le caractère contradictoire. L'autre partie sait que les photos sont prises, y a accès et peut en demander copie. C'est précisément ce que la signature du constat vient formaliser.

  • La conservation. Les images doivent être conservées de façon fiable et non modifiable. C'est l'avantage principal d'une application de suivi sur un simple dossier photo dans un téléphone.

Un ensemble cohérent de photos prises au même moment que la remise des clés vaut donc bien davantage qu'une image isolée, même parfaitement nette.

Les zones que tout le monde oublie

Ce sont presque toujours les mêmes, et ce sont presque toujours celles-là qui posent problème.

  • Le pavillon, hors du cadre des vues latérales

  • Les bas de caisse et le dessous des portières

  • Les jantes, où les frottements de trottoir sont fréquents

  • Le pare-brise en contre-jour, où un impact devient invisible

  • Le coffre sous le plancher, avec la roue de secours ou le kit

  • Le compartiment moteur, si la procédure de la mission le prévoit

  • Les équipements amovibles : chargeur, câble de recharge, tapis

Ajoutez un objet de référence, une pièce ou un stylo, à côté d'une rayure dont la taille pourrait être discutée. Cela évite un débat sur l'ampleur du défaut.

Les cas de terrain

Les situations que la théorie ne prévoit pas, et qui se présentent toutes les semaines.

Le véhicule électrique : Le niveau de charge de la batterie remplace le niveau de carburant, avec la même exigence de précision. Relevez également le pourcentage restant et l'autonomie affichée, et vérifiez la présence du câble de recharge, qui est un équipement à part entière.

Le véhicule sale, ou sous la pluie : La saleté et l'eau masquent les rayures, dans les deux sens. Mentionnez explicitement l'état du véhicule et les conditions météo dans le constat. Cette mention vous protège d'un défaut invisible au départ et découvert au sec à l'arrivée.

Le parking souterrain ou la nuit : La lumière artificielle et l'obscurité rendent les micro-rayures indétectables. Utilisez l'éclairage de votre téléphone, multipliez les prises de vue rapprochées, et notez les conditions de réalisation.

L'absence de signataire : C'est la situation la plus délicate, notamment sur un parc professionnel ou en agence. La règle du métier est constante : ne signez jamais l'état des lieux seul. Cherchez un signataire sur place, un agent, un responsable de parc, un gardien. Si personne n'est disponible, contactez le support avant de prendre la route plutôt qu'après.

Le dommage préexistant important : Une rayure profonde, un pare-chocs déjà enfoncé, un voyant allumé. Documentez, signalez au support et faites acter la réserve avant le départ. Le convoyage reste possible, mais pas sans trace écrite.

Le véhicule utilitaire : Le volume de carrosserie augmente le nombre de points à couvrir : hauteur de caisse, portes arrière, seuil de chargement, hayon et intérieur du volume utile.

Combien de temps prévoir

Un état des lieux correctement réalisé demande au moins dix minutes, selon les repères publiés par les acteurs du secteur. Il faut ajouter dix à trente minutes supplémentaires si la livraison inclut une présentation du véhicule au client.

Ce temps doit être intégré à votre planning de mission, pas grignoté sur lui. Un convoyeur qui prévoit vingt minutes de marge au départ et à l'arrivée ne se retrouve jamais à choisir entre un constat complet et un retard.

Papier ou application

La fiche papier a longtemps servi de référence. Elle reste utilisable, mais elle a deux limites : un schéma annoté vaut moins qu'une photo, et un document papier se perd ou se conserve mal.

Un état des lieux digitalisé règle les deux. Les photos sont prises depuis l'application, horodatées automatiquement, associées à des commentaires, validées par signature électronique et transmises immédiatement aux deux parties. Le constat existe donc simultanément chez vous, chez le client et chez la plateforme.

Chez Veltis Go, le relevé photo est réalisé dans l'application de suivi, au départ comme à l'arrivée, et transmis au client.

Ce que ça change en cas de litige

Quand un client signale un dommage à l'arrivée, la question n'est jamais « qui dit vrai ». Elle est « que montrent les deux constats ».

Si le défaut apparaît sur les photos de départ, le débat est clos immédiatement. S'il n'apparaît que sur celles d'arrivée, le dommage est survenu pendant la mission, et le mécanisme d'assurance qui couvre le véhicule pendant le convoyage s'applique.

C'est tout l'intérêt de la procédure : elle transforme un désaccord potentiellement long en une comparaison de deux séries d'images. Encore faut il que ces images existent et soient exploitables.

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